Bâillonner un trop plein de Je me suis dit j'attends J'attends demain et puis j'écris … La nuit a duré longtemps … (il fallait que la nuit passe) Long temps ... je voulais écrire en détaché dé-tâchée de toutes les traces qui font ce que je suis lissée...
Ce que le vent déporte de brume la nuit c'est comme geste vain de la main pour chasser papillons d'idées Il souffle sur braises d'étoiles taillade pulpe de nuages ouvre brèche de veine lactée Tentative ravivée d'un long chemin Mais ce que le vent déporte...
J'ai laissé s'éteindre les pétillements d'étoiles Dans le vent de là-bas Aujourd'hui j'évolue sous des rampes de lumières Des milliers de néons comme une trainée de poudre Des rêves propagés comme des incendies Des comètes noyées au ciel d'aujour/nuit...
chuuut... attentive à ne pas faire craquer les feuilles sous les pas pas une feuille croustillée pister comme une indienne ce frémissement dans l'ombre de la haie vignes-framboise ronces lianes prunelliers … groumpf ... et la haie crépite et se déchire...
Aujourd'hui maintenant Un goût de matin hier Et de plus loin encore Il fait un ciel de mai Blanc bleu Celui du travers des hublots C'est un temps à aller en France Tu disais Aujourd'hui maintenant Cette couleur d'enfance La cour de sable blanc balayée...
Des grains de terre Me coulent dans les chaussures Quand les semelles ripent Sur le chavire battu de vent Et je claudique, tu vois La pensée comme un pas à pas C'est dans l'air du temps Un parfum de prière Aux églises sans parois Il se dit des murmures...
Comme si une sorte de nuit Montait du long des berges Dérives de brumes anciennes, tenaces Verticales Chaque instant se figeait comme une saignée de neige Une coulée d'hiver Le torrent immobile sous la pensée gelée Puis s'ouvrait une brèche, une vague...
Je découds le bord à bord Du bout du monde Et des saisons Bleu minéral de l'hiver Soleil abrupt en surplomb Velours côtelé des labours Horizon hachuré de pluie Aux andains de roches plissées Trame de vent Trame d'un temps effiloché Restent l'accueil d'un...
Racines tenaces que les veines charrient En déchirer la résille Un soi filé Emotter la glaise des mots tellement pétris Eclater sur les murs le moule usé Des paroles aux vers dépolis Charivari d'écrits Clones cursifs Faire encre d'un désert Aux origines...
Un chemin de pensées à la périphérie de la mémoire Comme les traces de sangliers à l'extérieur des clôtures Tout du long Tout du long La rosée blanche à la lisière L'orée de l'hiver C'était déjà de la distance L'hiver La rosée blanche Et la transparence...
La houle enfle d'abord et soulève des remous De noms qui dormaient là sagement déposés Elle balaye les rivages que l'on croyait éteints Puise à la nuit des temps les cicatrices tues La vague alors déferle et fait céder les digues Tous les ponts suspendus,...
La tendresse prudente Elle est d'arête vive Comme une branche d'étoile Parce que même ça c'est difficile Les étoiles Elles filent un coton de brumes outre-mer Et je n'arrive pas à être tout à fait Tout à fait là Un mot et puis un mot Une avancée de ciel...
Je suis riche de Vous Cette partie de Vous dans mon bagage Alors je peux partir Etre l'itinérante sur la planète Nous Et la nuit peut finir Il y aura toujours un soleil attablé Et le coup pour la route Et la prochaine étape En boucle dans ma tête ces...
Je ne sais pas d'où vient cette eau qui coule dehors, qui coule dedans, j'écoute une pluie intemporelle. Une palme effleure la fenêtre, palpitation végétale, Tropiques liquides sur la vitre. L'enfance négociée dans un harmonica, harmonie parenthèse, je...
Là où je serai je verrai la crête. La crête nappée de cette lumière toujours changeante et pourtant inchangée puisque je la reconnaîtrai. Je me surprendrai (c'est une façon de parler, je ne serai pas plus surprise que ça) à m'imaginer la franchir, la...
Il traîne un vieux silence d'étoiles Qui apaise Peuplé de satellites aux trajectoires lentes Intermittentes Un horizon dentelé par l'obscur des crêtes La lune allongeait l'ombre du rythme de nos pas Ciselée dans la nuit Rotation cadencée d'une pluie d'asperseur...
L'unité ramifiée d'un par chemin A la palabre plurielle A chaque rang noué Treillage perlé de pluie C'est juste là où ça rouille A la corrosion des non-dits Mais du soleil à la sauvette Qui plic Et ploc Nous perfuse Petits bonheurs de contrebande Comme...
L'édifice d'un nous menti Mais autant d'autres Nos autres Venaient à colmater à la chaux des joies vives Le sabre dans nos murs au bâti de silence Et autant d'autres Nos autres Venaient à étayer le ciel crevé des tuiles Nos autres Aux badigeons de bleu...
Mais rien Une absence Un passage à franchir Un frôlement Une éraflure, d'accord Une rivière étrécie, des galets sur mesure Des éclats de soleil en surface Qui palpitent C'est comme un silence avec des mots dedans Des mots d'échanges tus Et puis plus rien...
La nuit bleu-néon des ponts Ces abris de fortune pour ceux qui n'en ont pas Je mets les pieds dans le plat des contresens Ce qui me drape crisse comme une froissure La toile des blessures rêches, émerisées Je voudrais en découdre des aubes rapiécées Je...
J'encours un désir capté perles bulles fourmillent prises au filet des mots rosées tactiles sur la peau seulement amoureuse de l'Amour ainsi captée troublée comme un reflet dans l'eau étincelle de toi sur la vague affriole je soumets l'étrange qui m'habite...
Ce plus ailleurs encore qui efface mes pas Le coeur qui bat en brèche Colmater Fissures diluées l'amour amor à mort Une brume renouvelée Chaque fois dissipée dans les limbes de l'aube Partir c'est mourir et renaitre plus loin Au delà de ce pont je ne...
Les cages verdoyantes de ces jardins d'enfants Chamailles et rires mêlés au pied des toboggans J'adopte le soleil anémié, peu importe Le mauvais jour de soupirail Dans la tresse des grilles, je filtre Le reflet d'un reflet capté, je flashe Noyer ainsi...
Dessous les frondaisons des îles révélées Chercher l’or lisse et l’ambre Des lumières à venir Une trace de soleil éventré Déversé J’ai peut-être rêvé ce lambeau de chemin Là dénoué Ce coton de ciel pourpre Ces griffures de ronces Et de rosiers mêlées...
Je me croyais plus forte et lisse d'une force lissée à toute épreuve surface d'eau dormante mer étale hermétique mais tu souffles un vent aigre plissant de cicatrices l'infime et l'infini chaleur d'hier d'une terre réfractaire j'ai froid empreinte abrasive...