C'est à ça que ressemble l'eau dont nous avions soif Serpents de moire/mirages sur le goudron crevé chaleur trouble de l'air Tornades sèches aux spirales de sable, de feuilles de papiers gras Une porte mal fermée mal ouverte, je ne sais pas ? Et s'engouffre...
Au lendemain de toi Je m'oblige à aller Je cède au vacarme des rues Le coeur roulé en boule au fond de la poche Ta voix enfouie, mon silence avec Je marche pour nous fuir, chaque pas est un chemin Je retarde l'instant où je nous ferai face J'économise...
La pénombre mi jour mi noire derrière les vitres, et ces fronts posés contre, luttant de solitude. Les immeubles fragmentés de lucioles immobiles, toutes ces bribes de vie qui défilent pendant que se fragmentent mi rouges mi soir nos ombres. Je suis ivre...
Pince mi et pince la sont sur un radeau, ça me gratte. L'ennui à la baille et la gueule de rire de nos ienchs hirsutes aux abois d'accueil ivres de n'importe quelles roues. Tout ça, tout ça, pelle mêle à la neige, dans l'air le parfum de la fumée du bois...
Ecrire, et pourquoi non ? La barque est immobile Ce sont les rives qui passent Aux arbres fromagers, badamiers Flamboyants Pourquoi non, le chiendent ? Et même l'ombre oui, Même l'ombre rayonne, vénéneuse Epanouie Ecrire ce qui paillette La poussière...
Avant de partir j'ai jeté dans le poêle les traces de moi ne rien laisser c'était trop lourd à porter je n'ai pas autodafé ma mémoire j'aurais dû mais j'ai brûlé beaucoup de visages, des lettres, des carnets une bûche, des photos, une bûche c'est fou...
Imaginer trois marches empilées dans le paysage D'un côté, du blé coiffé en brosse par le vent De l'autre, des lavandes moussues ou peut-être la mer - c'est comme on veut - Imaginer une porte en bois hissée bleue sur les marches Aucun mur n'est bâti autour...
Relire en diagonale les passages aux averses Le froid collé au corps comme une seconde peau Page-marquer le soleil Corner ce livre, la vie Consciencieuses pliures Ainsi tout relier Les impressions boiteuses, émotions décousues Surligner le silence – le...
Ce hier déjà Cet hiver escarpé que tu habites encore Comme on habite un naufrage J'aimerais être sable Y fourmilleraient tes fissures secrètes Tes petites peines lourdes Tes pensées râpeuses J'aimerais être sable Le buvard absorbant de ton silence Et...
Déjà Encore au bord d'un presque ciel Je suis au confluent des possibles à venir Ce couloir tangible où je m'avance Je sais quelque part un chemin d'horizon Faisceau des noctiluques apportées par les vagues Et les vagues se meurent Et les étoiles s'éteignent...
Même le silence se ramasse à petites cuillers de mémoire. Il est péril, il est risque, il est impasse. Il avalise mon insomnie, braque son faisceau d'ombres jetées sur mon horizon qui s'éloigne. Il fait reculer le rivage où j'aimerais poser les armes,...
Un poison numérique fait son chemin digital où j'anicroche, je faille, je m'embrase. A cautériser, je m'applique mais... Je m'aveugle toute seule au reflet feed-back d'un soleil métallique. Friches ou défriches, c'est du pareil au même. Je me tiens tu...
Si mes souvenirs sont bons J'ai quelques vies Des cardiogrammes au kilomètre Et l'auto-reverse intégré Lecture aléatoire repeat C'est facile, pourtant De se relever Il suffirait de ne pas déclouer les mots Cesser de soulever le couvercle Parce que ce...
Elle trace des courbes et des lignes brisées sous mes pas, sur mes mains. Elle dessine des traits sur mon visage, elle me défigure. Elle fait de mes rêves des volutes de fumée. Elle met des passerelles au Hasard qui n'en est plus un. Elle créé des mirages...
C'est l'heure ailleurs d'un vol d'engoulevent arraché au ruban de chaleur goudronné C'est l'heure ailleurs des ombres sous la lune le bruissement du vent comme une éclaboussure C'est l'heure ailleurs du souffle rose et nuit d'un point du jour naissant...
Tu seras l'improbable issue, possible chagrin tu seras. Je suis une forteresse d'exil, une expatriée de mon moi. Le doute est ma seule certitude, j'ai froid j'ai peur d'être inapte à savoir aimer. Je suis la dévastée comme un brûlis de terre truffière...
Dimanche de septembre soir Pas d'issues à ce paysage Comme s'il coulait un sang atone De mon encrier de brouillard Plus de message à délivrer Circulez, y a rien à voir La ville a verrouillé l'été Dimanche de septembre feu Mortes, les feuilles de mon cahier...
Alors le vent en poupe L'étoile juste au dessus (on m'a dit c'est la bonne, surtout ne bouge plus) La vague qui soulève, tient la tête hors de l'eau Ces mots offerts comme des matins Ces mains tendues, ces bras ouverts Où j'apprendrai à me blottir Alors...
J'ai trouvé une clef de mots C'est comme ouvrir une porte scellée d'ombre C'est du matin versé à même les paupières L'air bruisselle Etale à mes pieds des flaques de paysages Le temps a gaufré les falaises Feuilleté les pans de schiste noir Dépecé les...
Sédimentaire distance Comme si l'Histoire avait fermé les yeux Une pause espace/temps Traversée de Sahel Où en sommes-nous ? Une ondée, sur le quai de ce printemps Elle ne crépite pas, dans la poussière déposée Exhale un Tchad de cuir et de cire noire...
Nous nous sommes souhaités un chemin empierré de soleil Nous avons déjoué le harcèlement bleu des ombres Congédié les souvenirs Dansé autour d'un feu Feue l'année Place à l'an demain Il faisait un beau froid (les étoiles piquaient) Aujourd'hui est un...
Hier nous avons passé la nuit ensemble, à parler et à rire. Je dis la nuit parce que c'était la nuit mais en réalité dans le rêve il faisait jour. C'était le matin et nous étions tous les deux dans un très beau paysage, un peu comme chez toi, un peu comme...
Ne pas se retourner Sur ce qui vient trop tard, souvenirs de sable Messages d'alizés et lèvres scarifiées De soif, je craquelle Ne pas se retourner Sahara où fleurissent les pétales de gypse Roses d'ocre figées au clair des lunes fanées Que j'amoncelle...
Il reste un peu de matin Accroché bleu sur les épaules De ta planète Sa brume qui flotte Ses îles soulevées Qui n'auront plus d'îles Que le nom éthéré Dissipées dans l'exact contour des choses Ce qu'il reste du matin ploie d'ombres absorbées Résorbées,...
Je ne voulais pas Les incendies acides qui rongent la calendrite de nos abris Il pleut du désert maintenant Comme un vent de sable Une pluie qui pique J'allais vers l'orage J'allais Même en allant vers l'orage on peut arriver Quelque part se déserter...